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Théâtre des Pénitents

La chapelle des Pénitents

Présentation de la chapelle

Située à l’arrière d’une petite place du centre-ville, l’ancienne chapelle des Pénitents compte parmi les édifices religieux de la ville qui ont vu leur fonction initiale se transformer en usage civil. Au cours de sa longue existence, la chapelle a connu diverses fortunes et de nombreuses vicissitudes. Après un usage cultuel, elle a été désaffectée et même abandonnée au XIXe siècle, pendant plusieurs années. L’édifice a connu différentes affectations au cours desquelles elle a subi des transformations, passant successivement dans les mains de la confrérie des Pénitents et de particuliers montbrisonnais qui ont marqué de leurs activités les bâtiments de façon plus ou moins heureuse.

Grâce à l’influence de la société historique de La Diana, à la vigilance des Beaux-Arts et surtout à l’action des responsables municipaux, la façade de la chapelle est inscrite à l´inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 20 décembre 1924 et le 10 juillet 1946, la chapelle est inscrite en totalité à l´ISMH. Acheté dans un piètre état en 1964 par la commune de Montbrison, l’édifice est finalement restauré avec réussite dans les années 1970 pour devenir un centre culturel puis un théâtre.

 

Histoire de la chapelle

Sa fondation – C’est à la fin du 16e siècle (en 1591) que fut fondée à Montbrison par Anne d’Urfé, lieutenant-général du Forez, la confrérie des Pénitents blancs du Confalon. Elle s’établit dans l´église du couvent des Cordeliers (médiathèque et hôtel de ville actuels), puis plus tard dans une chapelle construite dans l’enclos du couvent.

Après l’incendie de 1731 qui détruit leur chapelle, les pénitents s’installent dans un nouvel édifice à nef unique, situé à l’emplacement actuel.

Les Pénitents et leurs fonctions – Ces sociétés de Pénitents étaient constituées de membres laïcs qui avaient la particularité de porter une robe de toile blanche et d’avoir la tête revêtue d’une cagoule. Comme l’indique leur nom, les pénitents blancs avaient comme mission d’appeler les fidèles à la dévotion, à la charité et à la pénitence. D’autre part, ils collaboraient à l’ensevelissement des défunts, participaient aux processions et aux nombreuses cérémonies religieuses qui se déroulaient dans la ville.

Architecture – La façade de la chapelle élevée en 1762, est de style néo-classique. Elle a longtemps été attribuée à Soufflot ; en fait, elle est l’œuvre de l’architecte et entrepreneur Jean Linossier, originaire de Lyon. Le style néo-classique auquel elle appartient est la marque de la seconde moitié du18e siècle : il privilégie et utilise les éléments de l’architecture grecque et romaine (colonnes, chapiteaux, frontons) et se caractérise également par l’harmonie des proportions des bâtiments. Les dômes qui surmontent les églises, privilégiés dans le style classique, sont aussi un élément d’identification important.

La chapelle des pénitents peut être aussi comparée avec les deux autres bâtiments religieux du 18e siècle montbrisonnais : la façade de l’église Sainte-Marie du couvent de la Visitation (Palais de Justice) et celle de la chapelle Sainte-Anne de l’Hôtel-Dieu de Montbrison. Elles sont toutes deux de style classique.

Dans un cartouche placé sur la façade, au-dessus de la fenêtre du 1er étage, l’inscription SOCIETAS CONFALONIS rappelle l’origine de la chapelle et en-dessous, on peut observer l’agrafe aux armoiries des Pénitents. Un autre cartouche situé sous la corniche du clocher, porte l’inscription SOLI DEO (à Dieu seul, devise des Pénitents) suivie de 1591, date rappelant la fondation de la confrérie.

Période révolutionnaire – Pendant la Révolution la chapelle a servi de lieu de réunion du 9 au 15 mars 1789, aux 738 délégués du tiers état du bailliage de Montbrison venus faire la synthèse des cahiers de doléances.

Le 16 mars 1789, dans la même chapelle des Pénitents, se réunit l’assemblée générale des trois ordres, sur la convocation du marquis de Rostaing.

Le 19 juillet 1789, à l’initiative de Michel Portier, avocat, les électeurs des trois ordres du baillage de Montbrison se réunissent, une nouvelle fois, dans l’église des Pénitents pour délibérer sur la situation des affaires de la nation.

 

Les différentes affectations de la chapelle

En 1794, la chapelle est vendue comme bien national et un particulier exerçant les professions d’aubergiste et de voiturier, acquiert l’ensemble des bâtiments. En 1835, elle passe aux mains de Claude Proteau, charron, qui installe dans les bâtiments son atelier.

Après le Concordat, la confrérie des Pénitents se reconstitue et tente de racheter l’ensemble des bâtiments dans l’intention de les utiliser pour leurs dévotions mais, en 1850, la chapelle est de nouveau occupée par un artisan charron, Jean Ferran, qui y vit avec sa famille.

En 1887, l’immeuble devient la propriété de Jean-Marie Ferran, carrossier spécialisé dans les réparations de voitures hippomobiles (voitures de luxe et de commerce comme il est précisé sur la publicité !).

En 1920, la chapelle est vendue à M. Faure, herboriste, qui en plus de son activité de vente de plantes médicinales, loue la grande salle de la chapelle pour organiser des spectacles et des bals publics. La nef de la chapelle sera même transformée en salle de cinéma jusqu’en 1927.

En 1929, le fils du propriétaire s’installe dans la chapelle pour exploiter un commerce et entrepôt de boissons gazeuses. Á partir de 1938, l’ancienne chapelle va poursuivre sa singulière destination puisque M. Meyzonnette y installe un fonds de bière, eaux minérales et limonades. Á la sortie de la guerre, en 1946, après huit ans d’activités limonadières, il vend le fonds à M. Magnin qui conservera le bail commercial de la chapelle jusqu’en 1965.

 

Restauration et transformation de la chapelle en centre d’animation

En 1963, la ville de Montbrison acquiert l’édifice et dix ans après, débutent les travaux de rénovation de la façade et l‘aménagement des salles en vue de l’installation de la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) de Montbrison.

En 1971, la commune décide d’utiliser la grande salle de la chapelle pour des manifestations culturelles. Un nouveau chantier d’aménagement commence et en 1976, le Centre d’animation des Pénitents s’installe dans l’ancienne chapelle où toutes sortes d’activités sont organisées : ateliers de peinture, de travaux manuels, de théâtre, de photo…

Á partir de 1997, à la suite d’importants travaux, le centre d’animation devient le Théâtre des Pénitents. Il va vivre un spectaculaire essor et connaît aujourd’hui un rayonnement culturel dans tout le département de la Loire.

 

Cette fiche a été réalisée à partir de mes propres documents et de l’ouvrage de Claude Latta (Histoire de Montbrison. Pierre Drevet, octobre 2017.