Ville de Montbrison

AccueilDécouvrir MontbrisonPatrimoineSous-Préfecture

Sous-Préfecture

 La sous-préfecture, ancien collège des oratoriens

Le bâtiment de la sous-préfecture date de 1784 : œuvre de l’architecte lyonnais Louis Dubost, il a beaucoup d’allure. Il comprend un corps principal à deux étages, orné de quatre pilastres et surmonté d’un fron¬ton triangulaire. Il est flanqué de deux ailes en retour encadrant une cour fermée par une grille en fer forgé.

 

Un collége d’oratoriens

En 1620, les Montbrisonnais décidèrent de créer un établissement d’enseignement secondaire pour les garçons et de le confier aux oratoriens. La réalisation du projet fut confiée à Pierre Henrys, lieutenant assesseur criminel du Forez. En 1626, le collège de l’Oratoire fut installé dans ses locaux, à l’emplacement, donc, de l’actuelle sous-préfecture. Il connut un grand succès. L’enseignement y était assuré par les pères de l’Oratoire. Le célèbre prédicateur Jean-Baptiste Massillon y enseigna pendant deux ans, en 1688 et 1689. Jacques-Joseph Duguet y fut élève avant de devenir une des gloires du jansénisme. Le collège forma les futurs cadres administratifs et judiciaires dont la ville et la province avaient besoin. Au XVIIIe siècle, il est, comme les ursulines voisines, un foyer de jansénisme.

Les bâtiments furent à deux reprises (1640 et 1775) ravagés par le feu. L’incendie de 1775 fut particulièrement grave et l’on dut totalement reconstruire l’édifice ; ce qui coûta à la ville la somme énorme de 60 000 livres que les oratoriens lui avancèrent. En 1784, un nouveau collège ouvrit ses portes, magnifique bâtiment dû à l’architecte lyonnais Louis Dubost.

 

Un bâtiment administratif

Mais les oratoriens n’occupèrent le nouveau collège que peu de temps, car à la Révolution, l’établissement est fermé, les congrégations sont dissoutes, les biens d’église mis à la disposition de la Nation. En 1792, l’administration du district s’installe dans les locaux de l’ancien collège. En 1793, la Convention crée le département de la Loire né de la division du département de Rhône-et-Loire : c’est la conséquence de la révolte de Lyon contre la Convention qui a mis le siège devant la ville et veut l’affaiblir. Mais le chef-lieu de la Loire est d’abord Feurs, de 1793 à 1795. En 1795, la préfecture s’installe à Montbrison, loin des souvenirs que la Terreur avait laissés à Feurs.

Sous le Consulat, Bonaparte créa les préfets par décret du 11 ventôse an VIII. Le premier préfet de la Loire, François Imbert, s’installa donc dans ce qui devint, pendant 55 ans, la préfecture de la Loire : début d’une période faste pour la ville peuplée de nombreux fonctionnaires, de magistrats, d’officiers – Montbrison est ville de garnison. La vie mondaine locale est animée par les réceptions qui se succèdent.

L’installation du préfet entraîna des transformations, faites entre 1795 et 1830, dans l’architecture du bâtiment. L’ancienne église est divisée horizontalement, la partie haute est transformée en salle dite du “conseil général” et pour y accéder, on construit, à l’intérieur, un escalier à double révolution. Des salons sont aménagés. La cour est fermée par des grilles. C’est aussi l’aménagement d’un grand escalier dans le hall d’honneur et d’un balcon au premier étage côté cour. Des frontons sont ajoutés sur les façades donnant sur la rue. Des maisons limitrophes côté ouest de la préfecture sont détruites afin d’agrandir de ce côté les jardins. C’est aussi à cette époque qu’est remaniée la rue devant les bâtiments. Dans les années 1840, le peintre Giovanni Zaccheo décore le hall et l’escalier d’honneur.

En 1855, Napoléon III décide, malgré l’opposition véhémente des Montbrisonnais, le transfert de la préfecture à Saint-Étienne, ville qui s’est considérablement développée du fait de son essor industriel. Montbrison est rétrogradée au rang de sous-préfecture, rôle qui est encore le sien aujourd’hui.

Au XXe siècle, les bâtiments ont simplement fait l’objet de modernisations et de réparations, parfois de restaurations (« salle du conseil général », 1974 ; « salle Napoléon », 1990, hall d’honneur).

Le drapeau qui flotte sur la sous-préfecture et la devise LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ inscrite sur le bâtiment rappellent sa destination.

 

L’intérieur du bâtiment

L’entrée principale du rez-de-chaussée, au centre du corps central, donne accès au hall d’honneur composé d’un vestibule et de la cage du grand escalier d’honneur.

L’escalier est aménagé à la Révolution, lorsque le bâtiment est transformé pour accueillir la nouvelle administration qui se met en place. La rampe de celui-ci est de style Directoire (1795 – 1799) en fer forgé. Elle est décorée de motifs géométriques à base de losanges imbriqués. La décoration du vestibule et de l’escalier est plus tardive : elle est datée des années 1840 et attribuée au peintre décorateur Giovanni Zaccheo. A Montbrison, il a également peint le décor de la salle de la cour d’Assises. Les décors sont en trompe-l’œil, composés d’éléments d’architecture, pilastres, masques, portraits d’empereurs romains, casques, caducées, frises d’oves, feuilles d’acanthes, couronnes végétales, entrelacements de bourgeons, arabesques à feuilles, etc. Ils sont peints sur les murs, les voûtes et les piliers. Les murs sont peints en gris ; les plinthes, piliers et encadrements de portes sont peints en faux marbre gris veiné.

Les décorations du hall et de l’escalier ont été restaurées au début des années 1990.

Depuis le hall d’honneur, une porte dans l’axe de l’entrée donne dans le « salon rose » et de là vers le jardin ; la partie ouest du corps central comprend trois salons en enfilade sur le jardin : le « salon rose », le grand salon ou salle « Napoléon », un salon plus petit (cloisonné en bureaux). Une seconde porte donne dans un vestibule d’accès vers le jardin et vers la partie est du corps central.

Au premier étage se trouvent les bureaux du sous-préfet et ses appartements (dont plusieurs salons et même la « chambre du ministre »).

Les bureaux des différents services envahissent évidemment les bâtiments (une partie du corps central et l’aile Ouest).

L’aile Est correspond à l’ancienne église dont le volume a été divisé. Une belle porte XVIIIe ouvre au rez-de-chaussée sur la rue du Palais-de-Justice. La salle du conseil général occupe le premier étage et a été magnifiquement restaurée. Elle offre l’éclat de ses ors et de ses lustres. Les motifs décoratifs évoquent curieusement plusieurs des régimes politiques que la France a connus : symboles monarchiques et républicains y font bon ménage. Le rez-de-chaussée est composé de trois remises, couvertes en voûtes d’arêtes ; elles s’ouvrent côté cour.