Dans le cadre de la Fête du livre Jeunesse de Montbrison, le musée en tant que partenaire, choisit de présenter les originaux de quatre ouvrages pour lesquels Michelle Nikly a écrit les textes et réalisé les visuels :
" Le jardin des quatre saisons ", " La lumière du mont Fuji ", " Le Japon des Samouraï et des robots "et " Le prunier ".
Michelle Nikly raconte : " L’adoption de "manières picturales" venues d’une autre culture va au-delà de la simple reproduction de motifs dont l’esthétique vous touche. C’est l’appropriation de celles-ci, dans le but de les utiliser comme écriture, comme outils privilégiés de passage de votre propre vision. Il s’est passé pour moi avec le japonisme quelque chose de magique...A l’âge de 7-8 ans j’ai inventé un alphabet de lettres aux formes inspirées d’idéogrammes extrême-orientaux que j’utilisais pour écrire mon nom. C’est seulement aujourd’hui que je réalise le caractère prémonitoire de ce geste... Plus tard j’ai découvert les estampes japonaises d’Hokusaï et de Utamaro. J’ai eu l’impression de les "reconnaître" alors que je ne les avais jamais vues auparavant. Correspondance, connivence, l’émotion était là, et elle n’était pas qu’esthétique, c’était plus profond : ces images me disaient, sur moi, des choses que j’ignorais."
Cette fascination pour l’art japonais se décline au fil de ses créations. Une vingtaine d’oeuvres dévoilent une émotion graphique empreinte de références à l’esthétique japonaise.
"Le prunier" : c’est à partir d’un haïku de cinq lignes que l’artiste rédige le texte. Sur un papier fin tel un papier japonais, elle fait des essais d’images avec des feutres...Un hasard technique lui apporte des effets de matières qu’elle utilise ensuite pour toutes ces créations. Cet ouvrage sorti en 1982 est publié dans une quinzaine de pays dont les Etats-Unis et l’Angleterre. En France, il reçoit le "Prix Loisirs Jeunes".
En collaboration avec Laurence Ottenheimer, elle illustre ensuite le documentaire paru en 1984 : "Le Japon des Samouraï et des robots" . On retrouve des compositions de scènes avec le souci sensible de l’équilibre entre les formes, les masses et les couleurs. L’expressivité est délicate.
En 1990, avec "La lumière du mont Fuji" , l’artiste rend hommage à Hokusaï. Elle utilise une technique mixte : un papier recyclé ocre rouge,aux multiples accidents, traits aux feutres et couleurs à l’aquarelle, pastels et gouaches..
"Taïto, le peintre qui quitte son art pour mieux le retrouver, traverse une étape difficile sur le chemin de la création, mais c’est à ce prix que son oeuvre atteindra l’harmonie et la sérénité. Les paysages qui jalonnent la route de Taïto et de Soji sont ceux qu’a dessinés et peints tout au long de sa vie Katsushika Hokusaï, un peintre japonais qui vécut à Edo (aujourd’hui Tokyo) il y a deux cent ans. Ses recueils d’estampes ...ont inspiré ce conte... , et les illustrations qui l’accompagnent."(extrait de " La lumière du mont Fuji" : Michelle Nikly).
Pour "Le jardin des quatre saisons" , en 2003 Michelle Nikly utilise des techniques plus classiques de pastels et aquarelle ainsi que l’outil informatique. Le livre est paru en Coréen avec son texte en idéogrammes...La rencontre de la petite fille Nasumi avec le roi des Papillons entraîne le regard du visiteur dans cette incroyable sensibilité inventive de l’artiste.
Avec cette collection, Michelle Nikly expose pour la troisième fois dans un musée. Après le Musée de l’Illustration à Moulins et celui d’Angers : le Musée Pincé consacré à l’Art d’Extrême Orient, les cimaises du Musée d’Allard donnent à ses créations une nouvelle lecture. Les visiteurs pourront aussi feuilleter les ouvrages et faire les liens textuels géniteurs des oeuvres picturales.
Musée, mode d’emploi :
Cette exposition inscrite dans le programme des expositions temporaires 2009 est installée au rez-de-chaussée du musée.
Ouverture : du lundi au dimanche, de 14h à 18h (musée fermé le mardi).
Tarifs d’entrée : adulte : 3,10€ - enfant : 1,40€ (à partir de 8 ans).
Les groupes sont reçus sur inscription, matin et après-midi. A noter pendant la Fête du livre Jeunesse, les classes seront accueillies au musée en présence de Michelle Nikly. Un temps "échange et atelier" permettra à chaque enfant d’entrer dans l’univers japonisant de l’artiste et partager aussi ses émotions.
